Voyage à MadagascarPréparerCoutumes religieuses

Les us et coutumes religieuses à Magagascar

En matière culturelle, un aspect très intéressant porte probablement sur les coutumes insolites de la population, comme c'est le cas du retournement des morts. On peut également y ajouter les rites de passage de la circoncision, du mariage ou de l'enterrement. Ces événements marquants de la vie jalonnent le parcours terrestre du malgache qui s'y conforme quelle que soit la religion ou l'idéologie à laquelle il souscrit habituellement.

La circoncision

Héritée de la tradition sémitique, sinon de la foi islamique, ce rite de passage marque pour le petit garçon de n'importe quelle confession non pas son allégeance à une croyance particulière mais son appartenance à la gent masculine ou (interprétation moins acceptable) son accession à l'âge adulte. La formule incantatoire répétée tout au long de l'opération dit en effet : « Tu es un mâle, mon petit. »

En effet, si en Afrique, la circoncision marque souvent le passage de la puberté à l'âge nubile, elle se pratique à Madagascar le plus souvent juste avant l'inscription à l'école, un âge beaucoup trop tendre pour l'état matrimonial. On pourrait presque dire que pour certains, ce rite signifie l'accession à la citoyenneté, car il arrive que l'ensevelissement au tombeau ancestral soit interdit au non circoncis. L'opération chirurgicale elle-même semble ne pas avoir une trop grande importance, d'autant plus qu'on tend souvent à la pratiquer en clinique sur un groupe assez important (jusqu'à une centaine) de petits garçons du même âge ; le sens profond du rite se lit dans les coutumes connexes : la date et l'heure de l'opération, la quête de l'eau lustrale par de solides jeunes gens, les troncs de bananiers dans la maison, la consommation du prépuce, les jouets cadeaux, les salutations rituelles. Autant d'éléments dont la symbolique n'est pas évidente, sans une solide connaissance des faits ancestraux.

Ainsi, avant l'existence des moyens de guérison de la médecine moderne, la circoncision se pratiquait surtout en hiver afin d'éviter les infections toujours possibles en saison chaude, lorsque les mouches pullulent. Pour symboliser la future victoire du jeune garçon sur les embûches de la vie, les jeunes chargés de puiser l'eau lustrale étaient lapidés en cours de route, ce qui les obligeait à courir tout au long du chemin et à se munir de boucliers. Quant au prépuce, le père, un oncle ou le grand-père se chargeait de l'avaler avec un morceau de banane, pour éviter qu'il ne soit perdu ou mangé par un animal quelconque, ce qui désacraliserait l'humanité de l'enfant.

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