Voyage à MadagascarDécouvrirDécouvrir AntananarivoColline sacrée d’Ilafy

La colline sacrée d’Ilafy, une cité royale au passé tumultueux

A une dizaine de kilomètres au nord de la capitale, Ilafy fait partie des collines sacrées d’Avaradrano. Pour beaucoup, l’évocation de cette ancienne cité royale ramène au souvenir du roi Radama II. Mais Ilafy fut aussi le lieu de résidence de la caste bourgeoise et le berceau de l’industrie malgache.

Jadis la commune d'Ilafy était recouverte par une forêt verdoyante peuplée par des colonies de pintades. Elle était alors connue sous le nom d'Ambohitrakanga, littéralement « colline des pintades ».

A l'époque de la royauté Merina, Ambohitrakanga était rattachée au rova d'Ambohimanga. La proximité des deux collines sacrées avait alors incité les parents par alliance des souverains - les « lafin-kavan'Andriana » - à s'installer sur la fameuse colline des pintades. C'est depuis cette époque que la dénomination d'Ilafy fut adoptée.

Souverains et habitants d'Ilafy

Ilafy est surtout connue pour avoir été le lieu de villégiature de Radama II. Néanmoins, bien avant son arrivée, les rois Ralambo, Ravololondralambo et Andriamambelomasina y avaient aussi régné.

Entre 1770 et 1787, Andrianjafy fut également l'un des souverains notoires de cette cité royale. Vénéré par ses sujets – les « Tsimiamboholahy » - au début de son règne, il fut ensuite victime d'une conspiration et assassiné en 1787.

Ilafy et ses environs était également plébiscités par la caste des nobles, les « Hova ». Les Andriamasinavalona, Andriambodilova, Andriamanazary Andriantefana et Andriamanarefo comptent parmi les familles bourgeoises ayant résidé sur les lieux.

Outre la caste bourgeoise de l'Imerina, la colline d'Ilafy fut aussi le lieu de résidence de célèbres conseillers royaux à l'image d'Andriatsilavo et d'Hagamainty. Père de Rainiharo, Andriatsilavo est un des aïeux du Premier Ministre Rainilaiarivony.

Ilafy, une cité maudite ?

Andrianjafy (1770 à 1787) fut un roi adulé par ses sujets. Néanmoins au fil de ses dix-sept ans de règne, le souverain devint de plus en plus autoritaire et sa méthode de gouvernance fut davantage critiquée. En 1787, lorsqu'il trama un complot contre Andrianampoinimerina, il suscita le mécontentement de ses sujets et fut assassiné.

Comme ses prédécesseurs, Radama II tomba sous le charme envoutant de la colline d'Ilafy. Il en fit d'ailleurs son principal lieu de villégiature. Avec les « Menamaso » - jeunes aristocrates de l'époque -, il se réunissait fréquemment sur les lieux.

En 1863, c'est par une fin tragique que les deux années de règne de Radama II s'achevèrent. A l'instar d'Andrianjafy, le jeune souverain fut victime d'un complot et assassiné le 11 mai 1863. Pour les astrologues et les personnes superstitieuses, la colline sacrée aurait été maudite.

Certaines anecdotes racontent toutefois que Radama II n'avait pas été tué durant cette nuit tragique et qu'il se serait exilé en territoire Sakalava. Selon certains récits, le corps d'un inconnu aurait été enterré à sa place.

Première ville industrielle malgache

Certes, Ilafy fut une cité royale au passé mouvementé mais elle fut également le lieu d'implantation de la première manufacture industrielle à Madagascar. En effet, en 1832, l'architecte Jean Laborde y fit construire une usine de fabrication de poudre à canon et de fusils à pompe.

Un an plus tard, Jean Laborde considéra que les infrastructures d'Ilafy n'étaient pas assez développées pour assurer le succès de l'activité. L'ancienne « Colline des pintades » fut alors délaissée au profit d'une ville plus propice au développement de la fabrication d'équipements militaires : Mantasoa.

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