Voyage à MadagascarDécouvrirDécouvrir AntananarivoCollines sacrées d’Alasora et Imerimanjaka

Alasora et Imerimanjaka, les plus anciennes cités royales d’Antananarivo

Territoires des premiers souverains Merina, Alasora et Imerimanjaka sont situées dans la partie sud-est de la capitale, à une demi-heure de route. Seigneuries des reines Rangita et Rafohy, ces collines sacrées racontent plus de cinq siècles d’histoire. Andriamanelo, descendant direct des deux reines mythiques était connu pour son goût de l’innovation.

Alasora fut érigée par le prince Ramasimparihy en 1490. Dix ans plus tard, Rangita – souveraine d'Imerimanjaka – lui attribua son nom actuel. A sa mort, sa fille Rafohy décida de lier le destin des deux villages en venant s'installer à Alasora. Entre 1520 et 1540, elle régna sur les deux cités.

Andriamanelo - fils de Rafohy - vit le jour à Imerimanjaka en 1540. Pendant son règne il apporta différentes innovations sur le plan politique et social. A sa mort en 1575, le pouvoir fut transmis à son fils Ralambo.

Ralambo ayant transféré sa seigneurie à Ambohidrabiby, plusieurs souverains le succédèrent au trône, à l'image d'Andriambonimena, Andrianohara et Andrianavalonjafy. C'est la fille de ce dernier – la princesse Ramanantenasoa – qu'Andrianampoinimerina épousa pour conquérir le royaume. Alasora intégra alors les douze collines sacrées de l'Imerina.

Andriamanelo, un prince avant-gardiste

En accédant au trône, Andriamanelo fit de la modernisation sa priorité. Il instaura ainsi plusieurs réformes sur le plan social, administratif et urbain.

La mise en place des « hadivory » autour des palais royaux est une des plus importantes innovations apportées par le souverain. Encerclant la demeure royale, ce profond ravin était destiné à protéger le palais d'éventuelles invasions. En outre, un deuxième fossé dénommé « hadifetsy » fut aménagé autour des « hadivory » afin de divertir les envahisseurs et retarder leur arrivée au palais.

L'utilisation du fer en tant qu'arme – sagaie - et en tant qu'outil de production – bêche - a également commencé sous le règne d'Andriamanelo. L'invention de la pirogue traditionnelle et l'utilisation de ce moyen de transport au cours des cérémonies comme les bains royaux fut aussi un des faits marquants de son règne.

Sous ses ordres, certaines coutumes malgaches comme la circoncision et l' « alaondrana » - un rituel destiné à lever les tabous liés au mariage entre parents proches – ont aussi été adoptés.

La cité sous Andriamasinavalona

Andriamasinavalona fut également un des princes qui a marqué l'histoire d'Alasora. L'immense pierre levée qu'il fit ériger sur le lieu dénommé Ambatomitsangana est un des chefs d'œuvres qui le rendit célèbre au-delà des frontières du royaume. D'après le souverain, cette stèle devait être assez grande pour que les noms de tous ses descendants puissent y être gravés.

Ambitionnant d'étendre sa seigneurie à Ambohimanga, Andriamasinavalona partit à la conquête de cette colline sacrée en 1785. Cette tentative tomba à l'eau car ses sujets se rebellèrent contre lui.

Andrianampoinimerina mit fin au règne d'Andriamasinavalona en y installant son épouse Ramanantenasoa.

Alasora de nos jours

De son prestigieux passé Alasora a gardé son pittoresque palais royal, son impressionnante pierre levée, ses tombes royales surmontées d'un « tranomasina » ou « tranomanara » et ses deux séries de fossé.
Aujourd'hui encore, la tombe du prince Andriamanelo fait l'objet d'offrandes et de recueillement. Lors de certaines fêtes traditionnelles du calendrier malgache, le rituel du sacrifice du zébu anime les lieux.

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